LES LUCIOLES 2010 : samedi 19 juin.
Un grand Bravo à Tous les participants.
Le Classement_2010
Vive le trail !
A New York, les forçats du marathon ne se prennent plus pour des champions
Pour des milliers d'Américains peu importe le chrono, seul compte le plaisir
Les coureurs africains seront une nouvelle fois dimanche, les favoris du marathon de New York, dont le départ sera donné sur le
pont de Verrazzano. Kenyans et Tanzaniens seront sans doute en tête de la course
mais, derrière, quelque 30 000 fous du macadam s'efforceront plus
modestement de terminer l'épreuve, pour leur plaisir et pour leur santé, loin
des meilleurs chronos mondiaux.
LES VIEILLES certitudes du sport américain vivent des temps
difficiles. Surtout celles, pourtant solides, qui affirment la main sur le
coeur que rien n'est impossible à qui sait mettre le prix. En 1997, la société
New Balance, l'un des leaders mondiaux de la chaussure de sport, avait promis
un pactole de 1 million de dollars au premier athlète américain qui ferait
tomber le record des Etats-Unis du marathon. Propriété d'Alberto Salazar depuis
le 19 avril 1982, le temps à battre (2 h 8 min 52 s) menaçait de
disparaître sous la poussière. Seule condition imposée par le donateur : l'offre
serait retirée au dernier jour de l'année 1998.
A la veille du marathon de New York, dont le départ devait être donné dimanche 1e novembre sur le pont de Verrazzano, les dirigeants de New Balance peuvent se frotter les mains. Sauf miracle, ils conserveront intact leur million de dollars. Et ils pourront se féliciter d'avoir réussi, au moindre coût, un fort habile coup publicitaire.
Simple parenthèse de l'histoire ou phénomène irrémédiable ? En tout cas l'Amérique n'a plus de grands marathoniens. Elle le regrette un peu, désigne du doigt les vrais responsables, ces coureurs africains trop gourmands pour laisser sur la table mieux que les miettes, puis elle passe à autre chose. Aux Etats-Unis, le marathon a cessé d'être une fierté nationale. Surprise, il n'a sans doute jamais eu aussi bonne mine.
Plus de vingt ans après le premier boom du jogging, la course sur route semble avoir trouvé son deuxième souffle. Les chiffres publiés par USA Track and Field, la fédération d'athlétisme, en disent long : plus de 6 millions d'Américains auraient terminé une course sur route en 1996, contre environ 1,5 million au début des années 80. La barre des 50 000 participants a été dépassée en 1997 par trois épreuves du calendrier national, la Lilac Bloomsday de Spokane, l'Examiner Bay to Breakers de San Francisco, disputées toutes les deux sur 12 kilomètres, et la Peachtree Road Race d'Atlanta, 10 kilomètres courus le matin du 4 juillet, jour de la fête nationale. Même mouvement de foule au Marathon de New York : ses organisateurs avouent recevoir chaque année entre 50 et 60 000 demandes de dossard, pour environ 29 000 places sur la ligne de départ. Difficile, pourtant, de comparer les premiers fous du macadam, adeptes volontiers sectaires d'une pratique souvent montrée du doigt, aux coureurs d'aujourd'hui. Les uns et les autres n'ont plus guère en commun que le port d'un short flottant et d'une paire de runnings. Au commencement, au début des années 70, le marathon était avant tout affaire de performance. Ses disciples américains s'y donnaient sans compter, totalisant fréquemment une bonne centaine de kilomètres d'entraînement par semaine et se dépouillant avec délectation de la moindre once de graisse. Ils galopaient par tous les temps, dans la rue, sur la route, pour aller et venir du bureau, la nuit comme le jour. Leurs modèles portaient les noms de Franck Shorter, champion olympique à Munich en 1972, et Bill Rodgers, quatre fois vainqueur à New York. Ils rêvaient de prendre leurs foulées, au moins pour quelques pas.
Aujourd'hui, la course sur route se consomme avec une plus grande modération. Plus question d'en faire une obsession, ou au mieux un art de vivre. Elle est un passe-temps, une simple échappatoire à une existence toujours plus sédentaire. Peu importe le chrono, seul compte le plaisir de mettre le corps en mouvement. On soigne sa forme, on veut se croire sur le chemin du mieux-vivre. Conséquence : l'allure des pelotons prend de l'âge et un peu d'embonpoint.
PROFIL MOINS ATHLÉTIQUE
En 1980, l'âge moyen des marathoniens américains était de trente-quatre ans (trente et un pour les femmes) et le temps sur la distance était en moyenne de 3 h 32 min (4 h 3 min pour les femmes). Actuellement, le M. Tout-le-Monde de la course à pied aux Etats-Unis présente un profil nettement moins athlétique : trente-huit ans en moyenne et un chrono de 3 h 54 min (trente-cinq ans et 4 h 15 min pour les femmes).
Ses idoles ? Elles lui ressemblent. Trop éloigné de la tête de la course pour apercevoir ne serait-ce que l'ombre du vainqueur, il se moque bien des records. Et, modeste, reconnaît chercher plutôt l'inspiration du côté de Bill Clinton ou Oprah Winfrey, une animatrice de télévision et accessoirement actrice de cinéma. « Elle a perdu trente kilos pour disputer un marathon », expliquait au New York Times un journaliste du magazine Runner's World. Du coup, elle incarne l'idée que la course à pied peut améliorer la forme et la santé.
Quant au président, il réunit derrière lui tous ceux qui se disaient jusque-là trop occupés pour faire du sport. Argument : la Maison Blanche« Si le locataire de peut trouver le temps d'un footing quotidien, alors nous pouvons tous en faire autant. » Bill Clinton, nouveau modèle des joggers américains. Le vieux record du marathon d'Alberto Salazar peut sûrement dormir tranquille.
ALAIN MERCIER
LEMONDE.FR
MERCI

MERCI à toutes les Lucioles.
BRAVO A TOUS,
TOUS DES VAINQUEURS !
Leray et Canals main dans la main.
D.R.
Courir et voyager, une autre façon de découvrir le monde
Du marathon de New York aux Foulées de la soie, les raids et courses à pied se multiplient
Après plusieurs mois d'entraînement, portés par leurs rêves et leurs espoirs, ils seront plus de 35 000, dimanche 4 novembre, à s'élancer du pont Verrazano pour rejoindre Central Park, 42,195 km plus loin. Avec ses deux millions de spectateurs, le marathon de New York, la plus célèbre et la plus prestigieuse des courses sur macadam, attire toujours plus de candidats. Pour sa 37e édition, l'organisation a reçu près de 90 000 demandes de dossards du monde entier.
Lorsque le stade devient trop étriqué, que le parcours habituel d'entraînement ne suffit plus, la course à pied sert de prétexte pour filer vers de nouveaux horizons. Au goût de l'effort, chacun veut ajouter la découverte d'une ville, d'un pays, d'une culture. Les participants aux Foulées de la soie, qui se sont déroulées en Chine, en août dernier, durant deux semaines, ont ainsi dévalé les pentes des contreforts du Tibet, enjambé le fleuve Jaune, ahané sur des sentiers escarpés aux frontières de la Mongolie et gravi plusieurs centaines de marches sur la Grande Muraille de Chine.
Mais ils ont aussi assisté à des dizaines de spectacles, visité des lieux mythiques comme l'armée enterrée de Xian ou le célèbre monastère de Labrang, situé sur les rives de la rivière Daxia. Dans les villages du coeur de la Chine, la plupart se sont arrêtés pour boire un thé, regarder une partie de mah-jong... « Le but est réellement de combiner la course à pied et la découverte culturelle », explique Jean-Claude Le Cornec, directeur de Sport développement et performance organisation (SDPO), une structure bénévole qui organise les Foulées de la soie depuis douze ans. « Chaque année, on essaie de pousser l'association du sport et de la culture à l'extrême ! Si courir était notre seul but, nous passerions à côté de moments inoubliables. »
Naturelle et écologique, la course - ou la marche - permet de suivre des routes parfois mythiques ou d'emprunter des sites ancestraux. la Grande Muraille « Par ses dimensions autant que par son histoire, de Chine m'a toujours fasciné, confie Joël Lalanne, vainqueur des Foulées de la soie en 2007. la Grande MurailleDepuis quatre ans, je regardais l'avancée des coureurs sur le site Internet de ce raid. En courant sur je me suis revu assis devant mon ordinateur pendant toutes ces années... J'en ai pleuré. »
La quête des coureurs de fond peut aussi être spirituelle, professionnelle. « Ma femme et moi avons toujours été très sportifs, et nous sommes passionnés par la culture asiatique. En tant que kinésithérapeute, mon épouse s'intéresse depuis très longtemps à la médecine chinoise », confie David Loop, un autre concurrent qui faisait ses premiers pas dans l'empire du Milieu. « Courir, c'est aussi faire un pas vers l'autre. Moi, je cours pour me rapprocher des gens », explique Jean Pautré, un autre concurrent des Foulées de la soie.
Dans la catégorie des coureurs globe-trotteurs, on trouve aussi des intrépides. Ils aiment la solitude des grands espaces autant que l'imprévu. S'ils ont une idée générale de leur parcours, ils se laissent d'abord guider par leur instinct, ou par leur souffle. « De longues années d'athlétisme m'avaient donné de bonnes bases sportives », explique Mickaël Asser, qui a traversé seul une partie de l'Afghanistan, de la Macédoine et de l'Albanie. « J'avais envie de voyager en solitaire, de vivre des aventures humaines. Je voulais que mon sac à dos devienne mon meilleur ami et connaître mes réactions face au danger, face aux difficultés. Chaque matin, je ne voulais surtout pas savoir où je passerai la nuit suivante. »
Ces aventuriers de la course à pied qui fuient les organisations ont généralement lu tous les récits de Jamel Balhi, qui a parcouru, de sa foulée rasante, 171 pays et vu tous les films de Serge Girard. « Des rencontres aux paysages : tout devient plus beau dans l'effort, explique ce dernier, qui a traversé les cinq continents ( 41 000 km) entre 1997 et 2006. Seul le vent dans les voiles permet de faire avancer un bateau. Pour les hommes, il n'y a que le mental et la passion. »
D'autres, enfin, se sont mis en quête d'arpenter le monde en courant pour délivrer leurs messages, souvent pacifiques. Hajime Nishi, un Japonais un peu excentrique de 58 ans, est de ceux-là. Il fait des marathons dans le monde entier depuis 1997 et s'est fixé pour objectif de courir 1 000 marathons dans 250 pays avant la fin de sa vie. Début octobre au Sri Lanka, il en était à 442. Son message ? La suppression de toutes les frontières comme seul moyen de rapprocher les hommes.
Pierre Lepidi
LEMONDE.FR
La Course 2008 vu par Boris des semelles de plomb
Pour tenter de vous faire vivre de l’intérieur la superbe et exigeante course de Castelnou.
De l’intérieur également parce que de l’extérieur, on n’y voyait pas
grand-chose. 
Prenez 10 mn, asseyez vous bien confortablement dans votre
fauteuil, respirez un bon coup, on y va……
Prenez
un bon 17 Kms, ajouter un soupçon de bitume, beaucoup de piste, de terre, de
caillasse, de cailloux et de rochers. De la garrigue, de la forêt. Traversez
les villages de Castelnou et de Camélas, des routes, et même un lit de rivière.
Pour corser le tout, faites un parcours bien vallonné, avec un dénivelé positif
total de 800m dont une ascension de 300m au 11ème km. De quoi bien
vous couper les jambes. Et tiens, si on y était, pourquoi ne pas donner le
départ à 22h30, en pleine nuit. Comme ça, les allumés, les biens nommés,
devraient courir à la frontale. Vu de loin, ça pourrait ressembler à une
procession de lucioles.
Voila, vous avez la recette de la Ronde de Lucioles, la
course de ce dernier week-end. Et sans doute, la manière dont à pu germer cette
idée à quelques illuminés, au tour d’un petit verre en fin de soirée.
Et que
penser si on vous raconte que c’est super, qu’on s’est éclaté, qu’une fois
encore nous sommes allés au bout de nous même. Que la ligne d’arrivée une fois
franchie, le sentiment de plénitude associé à la fatigue due à l’effort fourni
pendant plus de 2 heures vous envahie pour vous vous faire arborer un sourire
béat. Au milieu de la tribu des coureurs au sourire béat. Parce qu’en plus,
nous ne sommes pas seul. Plus de 200 en ce samedi soir, randonneurs compris.
Manu, Jean-Claude, Robert et Boris pour Les Semelles, sans oublier Carine,
Alain et Elodie, els amics ; ni le sympathique Rémi que l’on croise
quasiment tout les Dimanches et qui était venu un peu à l’aventure. Il n’a pas
été déçu du voyage. Le départ, donné à 22h30 donnait l’occasion à la caravane
de s’élancer à l’assaut du parcours. Une boucle dans le village permettait aux
accompagnants d’encourager les leurs avant de les voir s’engouffrer dans la
nuit de l’été enfin arrivé. La première difficulté se trouvait là, juste à la
sortie de Castelnou. Plus d’éclairage public, un sentier étroit et rocailleux,
en descente pentue. Les yeux doivent s’adapter, le champ de vision est réduit à
un rond de lumière situé à 2 mètres devant soi. Les repères sont totalement
différents. Réapprendre à courir. On manque de tomber à chaque foulée. On se
prévient des obstacles entre coureurs. Et dire que ce n’est que le début !
Manu et J-Claude sont partis devant. Ils veulent se donner. Je suis la foulée
de Carine qui n’a pas de mal à s’accrocher à la longue file que nous formons
maintenant sur ce sentier étroit qui monte sur les crêtes. Derrière doivent
suivre Robert et Alain avec qui j’avais prévu de faire ma course. Le rythme est
élevé. Je m’accroche ? Je les attends ? Impossible de lâcher
maintenant. Ne pas revivre Escaro. Et pourtant ça en prend tout droit le
chemin. Dans cette montée, Manu aura réussi, tel un cabri, à doubler des
concurrents obligés de marcher. Pas J-Claude qui ne le retrouvera qu’a
l’arrivée. Heureusement, le parcours est vallonné et s’enchaine la descente. Je
cours avec 2 inconscients sans lumière. Je leur ouvre le chemin un bon moment.
Face à nous, la plaine du Roussillon s’illumine. La fête de la musique doit
battre son plein. Mon cœur aussi. Carine, elle ne s’éclaire plus devant moi
depuis longtemps. Elle a du réussir à garder le contact lors de l’accélération.
Le chemin laisse place à une piste roulante. Ca monte, ça descend. On se fait doubler,
on rattrape. Quelques personnes nous encouragent à la lumière des phares lors
de l’intersection de la D48. J’arrive à revenir sur un petit groupe de 6
coureurs. Une femme chute. Tout va bien, elle se relève sans bobos apparents.
Mais le danger reste omniprésent. Quelques kms plus loin, notre groupe resté
homogène traverse le lit asséché d’une rivière qui marque le début de
l’ascension vers la chapelle St Martin. Le point culminant de notre épreuve n’a
cessé de se rappeler à nous depuis le départ, avec son gyrophare au sommet,
visible quasiment de chaque endroit, de chaque foulée, comme pour nous inviter
à garder force et humilité. Le petit sentier raide à travers la forêt fait des
dégâts. Mes jambes me font mal. Mon souffle n’arrive pas à s’adapter au
changement de rythme. Notre groupe se disloque en trois, avec moi au milieu. Le
flot de randonneurs parti une heure plus tôt commence à se faire plus dense. Nous sommes au 11ème Km. Camélas.
Les habitants nous regardent
traverser, encourageants pour certains, compatissants pour d’autres ou
carrément étonné par tant d’efforts inutiles pour un vieux monsieur à son
balcon. En levant la tête vers lui, je peux voir au second plan, les lucioles
gravir, à 45° la montée vers la chapelle. Terrifiant. A la sortie de ce village
rue, le ravitaillement. Le seul, l’unique. Je vois Carine à 20 mètres qui
repart. Je n’ai même plus la force de l’appeler. A quoi bon de toute façon.
J’ai besoin de m’arrêter pour reprendre quelques forces. Quartier de citron, un
peu d’eau. Je re-rempli une de mes 4 gourdes que je porte à la ceinture.
J’absorbe la moitié du tube de « coup de fouet » que j’avais emporté. Alain arrive lui aussi au ravito. Il repart presque aussitôt. Je lui emboite le
pas. Virage à droite et …..Le mur. Le moment de vérité. La verticalité
impressionne. Les pas sont réguliers. Parfois l’on s’aide des mains. Souvent.
Les jambes qui ont beaucoup donné sont en surrégime. C’est la tétanie. On
souffle. Alain prend quelques mètres mais se retourne régulièrement. Je ne sais
s’il m’attend ou s’il récupère. On souffre. Les derniers mètres se font à
l’arraché, à l’énergie qui revient de nulle part. Au moral. Je crie, comme pour
me libérer. Comme pour à mon tour narguer le gyro. Je m’asperge d’eau et fini
le tube de coup de fouet. «Encore 5 Kms » nous annonce un
organisateur. Tel un inconscient, j’attaque la descente pied au plancher,
bravant le risque. Je ne sais pourquoi, mais à ce moment là je me suis dit que
j’étais arrivé. Je dépasse Alain pour la dernière fois. Je récupère pas mal de
coureurs, et sur la piste roulante fait équipe avec le n°116. On court vite. On
doit faire plus de 15 km/h. Vraiment extra le coup de fouet. Seulement,
Castelnou est encore loin, et à 2 kms de l’arrivée je dois laisser partir mon
acolyte lors d’une des dernières remontées. La faute également aux crampes qui
se préparent. Elles sont là, prêtent à surgir. Je suis à la limite. Mon corps
n’en peut plus et c’est tel une machine que j’avance. Le fait de doubler
quelques randonneurs me donne la fierté nécessaire pour ne pas marcher à mon
tour. Je me surprends à tituber. Et là, à cet instant de rupture, au détour
d’un ultime virage, de la musique éveille mon ouïe, de la lumière éclaire la
noirceur des lieux, et en contrebas, juste à cent mètres de moi j’aperçois le
fameux boudin bleu gonflable de l’Indépendant marquant l’arrivée. Il n’a jamais
été aussi beau. Je lève les bras, serre les poings. Je peine à m’arrêter et
manque de faire tomber la dame chargée d’enlever le coupon du dossard. Je suis
accueilli en héros que je suis maintenant par Manu et J-Claude, dont j’apprends
qu’il vient juste de franchir la ligne. 20’’ juste avant. Et personne
d’intercalé entre nous ! On se congratule. Manu, arrivé 22’ avant ! à
eu le temps de récupérer son appareil photo à la voiture. On immortalisera ces
instants. C’est au tour d’Alain de franchir la ligne. On retrouve Carine
arrivée depuis 3’27’’. On attend Robert qui nous rejoint seulement 5’ plus
tard, alors qu’il était gêné par un méchant rhume. Tous ensembles nous rejoignons
la secte des coureurs au sourire béat. La suite ne sera que bonheur,
l’endorphine secrétée y étant sans doute pour beaucoup. Ce n’est pas la douche
froide au jet, ni le buffet campagnard et la sangria qui y changeront quelque
chose. Non, ce dimanche matin je me suis couché, et malgré la réelle dureté de
l’épreuve, comme une luciole scintillante. Ce n’est qu’au réveil, comme un
canard boiteux, que j’ai pu réaliser l’exploit que j’avais accompli.
Luciole Boris.
dossard n°99 et 97ième au final.
Leray lutin des "lucioles" à Castelnou
COURSE DES LUCIOLES.
La troisième édition, disputée samedi
soir à Castelnou, a réuni 160 coureurs et sacré pour la deuxième année
l'Illois Michaël Leray.
Elle est vraiment atypique cette course des lucioles, tracée au coeur
des Aspres profondes, à portée de regard du château comtal de
Castelnou. 
Mais elle est aussi féerique, lorsque 160 intrépides
fendent la nuit noire, munis d'une frontale, pour embraser cette
garrigue aux parfums exacerbés. Une mise en scène à la Spielberg, où le
coureur devient l'aventurier d'une grandiose fresque sportive.
Et
dans les principaux rôles, Michaël Leray qui gagne tout ce qu'il touche
et comme Merlin l'enchanteur, a déjoué tous les pièges de la forêt pour
s'imposer, comme le fit sur ces terres convoitées Jaume premier de
Majorque.
Les 17 kilomètres proposés sur des sentes caillouteuses,
par-delà le Roc de Majorque et l'immense verrue sur laquelle se dresse
Saint-Martin de Camélas (XII e ), avaient de quoi rebuter au coeur de
la journée. Alors imaginez de nuit ! Mais la nuit, dans sa propension à
gommer les difficultés, a servi les desseins des organisateurs du foyer
rural de Castelnou et le maître des lumières Gilles Boutellier : "Je
pratique la montagne et il n'est pas rare que nous partions de nuit. Je
m'étais dit que ça pouvait se faire à Castelnou. Ce que je redoutais,
c'est que les coureurs locaux n'acceptent pas de participer à ce genre
d'épreuve, car ce n'est pas courant".
Pari tenté et réussi, avec
le vainqueur idéal pour cette troisième édition, Michaël Leray, déjà
devant à Llupia, Los Masos et Pézilla. Un coureur capable de s'exprimer
sur tous les terrains et qui s'impose pour la deuxième fois dans cette
course des lucioles, véritable forêt de Brocéliande pour l'Illois.
Olivier Alvarado pour L'indépendant, Édition du jeudi 26 juin 2008
Le Classement 2008
Félicitations à toutes les Lucioles !
Cliquez ci-contre pour télécharger le classement : lucioles_2008_classement
Vive le Trail .Vive le Sport .
Commentaire:
les lucioles et ses bénévoles
Je tiens a remerçier tout ses bénévoles,qui pour ma première course a
etait une réussite parfaite un vrai régal de courir la nuit,avec un
temps magnifique et une organisation pareil; merci et a l'année
prochaine,,,,,
Titos
Réponse: Bravo à Toi, Titos , merci de ta participation, une première c'est jamais évident.
Comment courir plus vite dans les escaliers
conseils de gagnants
(De New York) Mardi, c’était la course d'escaliers de l’Empire State Building. Thomas Dold et Susy Walsham, les champions, ont respectivement mis 10 minutes et 8 secondes pour lui et 12 minutes 44 secondes pour elle pour grimper les 86 étages. Non seulement Rue89 a interviewé les gagnants pour leur demander quelles étaient leur techniques pour grimper les 1576 marches, mais on n’a pas hésité à faire la course nous-même, quitte à se traîner en dernière position, pour pouvoir observer leurs astuces.
- Sauter au moins une marche sur deux "Il faut absolument sauter des marches", nous dit Thomas Dold, Allemand de 23 ans, champion pour la troisième année consécutive et par ailleurs détenteur de six records mondiaux de course à reculons. "C’est impossible de gagner si vous faites toutes les marches." (Trop tard.) "Il faut monter les jambes le plus haut possible."
- Exploiter paliers et rampes
"Pour la plupart des gens, les paliers c’est là où ils perdent
quelques secondes. Moi c’est là où j’en gagne en accélérant", nous dit
encore Thomas Dold. "Les gens me demandent si je n’ai pas des
courbatures dans les jambes, mais c’est dans les bras que j’en ai",
nous explique Suzy Walsham, 34 ans. Les coureurs qui cavalent devant
tirent littéralement sur les rampes pour se propulser, appuyant sur les
deux rampes à la fois. D’autres telle Cindy Moll, gagnante de la course
à quatre reprise, trop petite pour utiliser les deux rampes, tire sur
une seule rampe, une main puis l’autre, comme s’il s’agissait de
grimper à la corde. Certains grimpeurs se font des ampoules aux mains.
Attention, veillez à rester dans les premiers. A partir du 30e étage, les rampes deviennent glissantes de transpirations, c’est dégoûtant. - Partir en tête, rester en tête
Le départ de la course a lieu dans le hall marbré de l’immeuble
devant les employés de bureaux des différents étages (on en verra
d’autres aux différents étages penchant la tête ou un verre d’eau par
la porte du palier). Les participants sont lâchés par groupes d’une
cinquantaine de personnes. Sprint sur une cinquantaine de mètres. La
porte de l’escalier de l’Empire State Building ne peut laisser que deux
personnes de front. Goulot d’étranglement. Mêlée de type village
d’Astérix (un grimpeur italien a été piétiné cette année) au moment de
franchir la porte.
A la question, comment vous faites pour doubler dans les escaliers, Thomas Dold nous répond: "Si vous partez bien, la question ne doit pas se poser." - Se farcir la tête de n’importe quoi
"C’est une course qui se gagne au mental", dit Susy Walsham (est-ce
qu’il y a déjà eu des sportifs pour parler d’épreuves qui ne se
gagnaient qu’au physique ?)
Pour ceux qui sont habitués à courir dans une campagne riante, une difficulté de la grimpe d’escaliers tient au vague ennui qu’on peut éprouver dans une cage d’escalier en ciment où le seul élément de distraction tient au changement de numéro d’étage. Suzy Walsham nous dit monter les marches en se parlant toute seule: "Keep’on going, keep’on going" (continue, continue):
"Je regarde par terre. Je ne lève les yeux que rarement. La première fois que j’ai levé la tête pour voir l’étage, on était au 23e. Comme je suis comptable, j’aime bien les chiffres, je fais des statistiques mentales en grimpant." Curieusement, Thomas Dold est lui étudiant en économie, est-ce qu’il y aurait un lien entre le brassage de chiffres et la performance en escalier?
- Porter des grandes chaussettes noires bizarres Alors que le monde du sport a adopté la socquette blanche, Thomas Dold porte de longues chaussettes noires qui lui montent jusqu’aux genoux. Elles sont faites sur mesure: "Ca active la circulation du sang, ça me donne plus de puissance."
- S’entraîner intensément
Thomas Dold s’entraîne dans les escaliers de la tour de la banque
allemande Helaba, à Frankfort. Il monte les 200 mètres d’étages trois
fois de suite en courant.
Suzie Walsham se prépare dans un immeuble de 12 étages à Singapour, où elle vit, et qu’elle monte et descend huit fois de suite.
Notez que les escaliers se grimpent à tout âge. Ginette Bedard, 74 ans, première dans le groupe d’âge 70-74 ans (et unique participante de ce groupe d’ailleurs) a terminé la course en 22 minutes.
On déplorait cette année l’absence de Chico Scimone, ancien héros de la course. Pendant quinze ans et jusqu’à l’âge de 93 ans, Chico venait de Sicile pour grimper les marches du gratte-ciel new yorkais. Les organisateurs lui accordaient chaque année le dossard portant le numéro de son âge. Il est décédé. Non, pas dans les escaliers.
Par Guillemette FAURE (Rue89) 08/02/2008
Les résultats du trail
lucioles 2007 / le Classement 
Un grand BRAVO à tous les concurrents.
Merci pour votre participation et votre bonne humeur.
Le boom des courses nature
Près de 1 000 compétitions de cette activité hybride sont organisées
chaque année en France.
Un véritable phénomène de société !
Imaginez,
en effet, plusieurs milliers de coureurs, sac au dos et porte-bidons
accrochés aux bretelles, GPS au poignet, lampe frontale vissée sur la
tête, qui partent à l'assaut de petits villages isolés où il ne se
passait plus rien !
Le terme usité, trail, qui vient de l'anglais, met
l'accent sur le côté nature sauvage, voire paradis originel. Faire un
trail, c'est courir à son rythme, en parfaite osmose avec la nature et
ses caprices, sur ces chemins tracés par nos ancêtres il y a des
milliers d'années.
La tristesse du macadam cède ici la place à l'herbe
des prairies, à la neige des montagnes, à l'eau des rivières, à la
cendre des volcans, aux cailloux des oueds ou au sable du désert.
L'éventail des participants est très large, tout comme la fourchette
d'âge, qui se situe entre 35 et 70 ans. De l'artisan garagiste au chef
de publicité en passant par le livreur de pizzas ou le policier, toutes
les classes sociales sont représentées. Leurs motivations sont
multiples, le défi se veut sportif, la découverte de la nature hors des
sentiers battus par le touriste ordinaire et l'ambiance très conviviale.
N. L.
22/06/2006 - © Le Point - N°1762
279 lucioles ont illuminé Castelnou
La deuxième édition des Lucioles de Castelnou a vu
279 participants s'élancer depuis le 6 e plus beau village de France pour une
traversée hors du commun et unique en son genre : 17 km à travers les Aspres et
800 mètres de dénivelé, le tout "by night".
Il est des rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte.
Depuis l'année dernière, la Ronde des Lucioles fait office de bol d'air frais
au milieu des épreuves plus classiques de la CDCHS 66. En effet, imaginez-vous
au pied de Castelnou, la merveille de l'Aspre, prêt à vous élancer pour 17 km
d'effort à travers tout le massif, dès 22 h 30 un samedi soir. Certains diront
qu'il faut être fou, les participants, eux, n'attendent qu'une seule chose : la
troisième édition de l'épreuve.
En effet, ce sont 279 athlètes qui se sont regroupés au départ de l'épreuve,
dont 120 randonneurs (!) mais aussi une dizaine d'enfants entre 8 et 13 ans.
Côté coureurs, c'est Michael Leray qui s'est imposé
en 1 h 24' 20” juste devant Christian Vignaud, le vainqueur de la première
édition (1 h 27' 05”).
Le reste du peloton arrivera plus tard dans la nuit, alors que les plus
courageux feront la fête jusqu'à l'aube. Castelnou est réellement un rendez-vous
à part.
Appréhension
Courir en pleine nuit reste un effort très particulier. Mais où réside donc la
difficulté d'une telle épreuve, sachant que les Lucioles de Castelnou ont
affaire à un vrai trail ? Le vainqueur Michael Leray livre ses impressions, la ligne
d'arrivée à peine franchie : "Au départ, j'avais une réelle appréhension
par rapport à une nocturne, mais j'ai été agréablement surpris. Il faut juste
rester très concentré." Même son de cloche chez Christian Vignaud. Gilles
Boutellier, co-organisateur, faisait état de cette "crainte qu'ont les
coureurs qui ne sont pas habitués à courir de nuit sur un terrain fait de
chemins et de piste et qui reste très accidenté. Mais la nuit aide aussi à
vaincre le vertige. Il ne faut pas oublier qu'il y a 800 mètres de
dénivelée." La flamme du Canigou
Ce qui fait la réputation de l'épreuve de Castelnou, ce sont aussi toutes les
animations mises en place par Annick Leballeur et Gilles Boutellier, le couple
organisateur. Ainsi, le duo de "l'Adeu" donnait un concert à l'église
juste avant le départ.
Aussi, la flamme du Canigou est arrivée à 21 h 40 à Castelnou pour donner le
départ de la randonnée. Enfin, tout le monde pouvait profiter du repas et des
animations qui ont duré jusqu'à l'aube. Mais Annick et Gilles n'en sont pas à
leur coup d'essai : on retrouve le couple à l'origine de l'épreuve tout aussi
originale du 100 km de nuit qui reliait Castelnou au Canigou entre 2001 et
2003.
L'exemple
Au milieu du peloton bien garni, on pouvait retrouver Martine
Lorin-Sarrat, non-voyante, qui participait à la course guidée par son chien.
Balisage
Pour une épreuve de ce type, autant dire que le balisage s'avère primordial
pour la sécurité des coureurs.
Fiers d'être estampillés "course-nature", Gilles Boutellier et sa
bande d'organisateurs ont donc effectué eux-mêmes le balisage à l'aide de
rubalise, de plâtre et de patches. "Dans tout le massif de l'Aspre, on
traverse toute sorte de végétation. Gilles et son équipe ont réalisé ce
balisage à dos d'hommes. Les Lucioles, c'est une course-nature
avant-tout", souligne fièrement Annick Leballeur.
Matthieu Terrats
L’indépendant Édition du lundi 25 juin 2007
Pourquoi les lucioles "clignotent" ?
LUCIOLE, subst.
fém.
Insecte coléoptère dont l'adulte est ailé et
lumineux. « Dans leur verdure noire
[des arbres] on voyait voltiger des milliers de lucioles, ces mouches
de feu qui ressemblent à des graines d'étoiles. » (Maupass., Contes et nouv., t. 1, J. Romain, 1886, p. 1298)
Pourquoi les lucioles "clignotent" ?
- Pendant les vols d' accouplements la plupart des éclairs qui étincellent sur les prés couverts de lucioles sont émis par les mâles qui cherchent à attirer l' attention des femelles. Les femelles répondent après un temps de réponse précis. Chaque espèce a son code d' appel et de réponse qui se distingue des autres par la durée des éclairs, le nombre des impulsions lumineuses, et la fréquence de ces impulsions. Ce code permet d' éviter les erreurs d' identification quand plusieurs individus d' espèces différentes émettent leurs signaux en même temps et au même endroit.
- Ce
phénomène est appelé bioluminescence, soit la production de lumière
visible par des organismes vivants. Il est associé à de nombreuses
fonctions selon les espèces et est le produit d'une réaction chimique.
Chez les lucioles, il peut être utilisé pour différentes fonctions
La plus commune est un signal de communication spécifique à l'espèce et utilisé pour l'accouplement: la femelle réagit au signal du mâle selon des séquences spécifiques. Dans certains cas, cela peut donner des comportements vraiment spectaculaires.
Mais chez d'autres espèces, c'est utilisé pour attraper des proies en détournant le signal de communication. Ainsi certaines espèces imitent le signal d'une autre espèce pour attirer male ou femelle, non pas dans le but de copuler mais... de les manger... - La
lumière émise par la luciole est le produit d'une réaction chimique sur
une molécule : la luciférine. Cette
réaction consiste à oxyder (= ajouter
un atome d'oxygène) sur une luciférine "non active". La
luciférine "activée" par l'atome d'oxygène pourra émettre de la
lumière (= photons). Cette réaction chimique est catalysée (= accélérée) par une protéine
s'appelant la luciférase.
La structure tridimensionnelle de la protéine avec ses ligands a été résolue. - En fait les vers luisants indiquent le chemin aux lutins alors que les lucioles s'adressent aux fées. il a été convenu, il y a bien longtemps maintenant, de ce pacte de la lune bleue. il n'était pas évident de distinguer la faible différence de luminosité entre les deux espèces et bien souvent l'on retrouvait des lutins engorgés d'hydromel au fond d'un précipice ou une vieille fée à la vue baissante les ailes froissées au pied d'un arbre...
laisser votre iPod au vestiaire
Avant un marathon, prière de laisser votre iPod au vestiaire
Courir avec un iPod, c'est tricher.
Faire de la course à pied avec de la musique dans les oreilles,
c'est dangereux. Ce sont les deux arguments avancés par l'USA Track
& Field, la fédération de course à pied américaine, qui vient
d’interdire l'usage d'écouteurs et de baladeurs musicaux.
D’après le New York Times, la décision s'explique aussi par des raisons financières : les assurances auraient beaucoup augmenté si les organisateurs de course ne s'étaient pas décidés à interdire les baladeurs musicaux.
Aux Etats-Unis, les compétitions américaines commencent à mettre l’interdiction en application. Au mois de juin, au marathon de Duluth dans le Minnesota, des bonnes volontés ont collecté les iPod au départ de la course, et les ont renvoyés ensuite aux participants. Trente coureurs ont été disqualifiés pour avoir enfreint la règle.
En France, la réglementation n'a pas encore été modifiée
Et en France? "A ce jour, il n'y a rien qui interdit l'utilisation d'iPod ou autres baladeurs musicaux lors de courses sur route", nous explique Jean-Marie Grall, un des experts de la fédération française d’athlétisme. Il n’exclue par une interdiction à venir: "Les documents officiels de l’IAAF (Fédération Internationale) ont été modifiés dans ce sens lors du dernier congrès d'Osaka." Mais la réglementation française de 2008, éditée il y a quelques jours, n'y fait pas référence. "Conclusion: le 6 avril 2008, je serai heureux de vous voir au départ du marathon de Paris... avec baladeur et casque."
On sait que Nicolas Sarkozy court en écoutant Elvis Presley et Didier Barbelivien. Et les autres sportifs, qu’en pensent-ils? "A Osaka, sur le terrain d’échauffement, plus de la moitié des gens avaient de la musique dans les oreilles", nous raconte Vincent Zouaoui Dandrieux, spécialiste du 3 000 mètres steeple, qui a participé aux derniers championnats du monde. Pour ses longs footing d’entraînement, il a un peu de tout dans son baladeur MP3, Jay-Z, "des requiems de Mozart", Calogero, du rap, "Foule sentimentale" d’Alain Souchon…
Il le garde avec lui pour tromper la solitude quand il s’entraîne, et pour se retrouver "dans son monde" en salle d'appel. Mais il n’envisagerait jamais de le porter en compétition. "Question de respect envers les autres, je ne me vois pas courir avec un MP3. Et puis ce ne serait pas gérable, je porte le moins de choses possible pour être plus léger… "
"Peut-être que ça donne des ailes, mais je ne dirais pas que c'est dopant"
Exit donc l’idée d’un avantage compétitif. "Peut-être que ça donne des ailes si on aime une certaine musique, mais je ne dirais pas que c'est dopant", rigole t-il. Peu de chances donc que l’agence antidopage se mette à inspecter les oreilles des coureurs.
Autre avis recueilli auprès de Laurent Jalabert. L’ex-champion cycliste a couru le marathon de New York (en 2h55) et s’est mis au triathlon. Oui, il a un iPod, mais non il ne l’utilise pas quand il court. D’abord parce qu’il a besoin d’entendre les voitures arriver alors qu’il s’entraîne en courant sur route à contre-sens. Et surtout parce qu’il préfère s’écouter.
"C’est une habitude d’écouter ma respiration. Si on ne s’entend pas, on maîtrise moins l’effort. On court au rythme de la musique plutôt que de son propre corps."
Les émois d'une parfaite première fois
"J'ai bien eu une démarche un peu "courbaturée" les trois jours ayant suivi la course mais je ne regrette rien !!
La course de Castelnou dans les Pyrénées Orientales mérite bien son label "montagne" ...
C'est un petit trail nocturne (17 kms) couplé à une randonnée sur le
même parcours avec départ avancé d'une heure pour les marcheurs (
formule parfaite pour un déplacement en famille si le conjoint ou les
enfants , bien préparés quand même , veulent aussi participer )
Sans entrainement spécifique , après un début de saison
sur le plat je m'étais surtout inscrit pour "rebondir" après un abandon
"cuisant"au marathon de Perpignan (maudite chaleur ...) . La curiosité
pour une course de nuit à la frontale avait fini de me convaincre .
Concernant la technique de course , la visibilité étant très réduite
(d'autant plus qu'il n'y avait pas de lune ce soir là ) les descentes
ont été plus risquées , j'ai donc "retenu" ma foulée plus longtemps que
de jour (un travail en excentrique idéal pour les courbatures !!!).
Heureusement le parcours était parfaitement balisé avec des tracés
fluos au sol et quelques bracelets fluos suspendus aux arbustes ; nous
étions nous aussi parés de ces jolis petits bracelets ...)
Pour ce qui est de l'ambiance c'était celle d'une première fois (...)
où tout a parfaitement fonctionné (pas de blessé , pas de coureur
perdu) avec un plaisir de découverte visiblement partagé de tous
(coureurs et organisateurs). Le fait d'être relativement privé de la
vue a pour moi accru les autres sensations (sons , odeurs , muscles ) ;
un vrai régal qui fait qu'après une semaine maintenant images et
souvenirs de cette soirée restent très vivaces ( les courbatures ont ,
elles , rapidement disparu...).
Le lot attribué à tous les coureurs se démarquait de
l'habituel tee-shirt , une ceinture porte bidon avec deux poches très
fonctionnelle ( je l'ai immédiatement testée et adoptée)
Il faut ajouter à tout ça une arrivée dans Castelnou à minuit trente
dans une ambiance de fête ( grillade , musique , danse ) et vous aurez
un aperçu d'une course qui fera surement date dans le département .
Au fait j'ai couru en 2h12 (le dernier quart des coureurs) , en fait
2h12 de plaisir que j'aurais même aimé prolonger plus tard encore dans
la douceur de la nuit catalane.
Rendez-vous en 2007 ; dommage ce ne sera plus la première fois ...
Bruno CHAUZI
Le classement 2006
Toute première fois
Toute toute première fois
- La première fois que j’ai mis les pieds à St Etienne, je
me suis dit « Mon dieu que cette ville est laide » - je n’ai
jamais réussi à me départir de cette première impression.
- La première fois que j’ai vu New York, je me suis dit que j’aimerais beaucoup y vivre quelques années.
- La première fois que j’ai travaillé, ma maman m’a acheté un costard Dior. Ça faisait classe pour faire des photocopies.
- La première fois que je me suis fait virer. C’était à Andernos les Bains. J’ai mis une quinzaine avant de travailler à nouveau. Je ne pense pas que ce soit la dernière fois.
- La première fois que j’ai fait l’amour... ça vous regarde pas.
- La première cuite (et la seule)... un soir de troisième mi-temps, quelque part dans le Poitou. Je préfère ne pas m’en souvenir. D’ailleurs je ne m’en souviens même pas.
- La première fois que j’ai tenu un bébé dans mes bras c’était Alice. Je pensais ne pas aimer les enfants, et j’ai découvert le contraire.
- La première fois que j’ai tenu une belle blonde dans mes bras : j’avais envie de sauter au plafond.
- La première fois que j'ai couru un trail de nuit, je ne l'ai pas oublié : Castelnou en Roussillon.
Des montagnes magiques
Alpinisme, raids glaciaires, cascades, via ferrata, hydrospeed, raft,
canyoning, trail, VTT... Les cimes sont devenues d'immenses terrains de
jeu sportif.
A voir les cordées, l'hiver, qui se multiplient dans les
cascades de glace, les files de grimpeurs accrochés aux vias
ferratas, le nombre de combinaisons multicolores dans les torrents
l'été, on doit bien constater une chose : la montagne est devenue
un terrain de jeu sportif de plus en plus développé. Pourtant les
choses paraissaient simples. D'un côté, l'hiver, le ski. De
l'autre, l'été, la randonnée plus ou moins sportive ou l'alpinisme
pour les plus accros.
«Ça reste vrai, note Christophe, accompagnateur de montagne
installé dans les Pyrénées.
Mais, de plus en plus, on doit panacher nos offres, prévoir des
séjours d'initiation. Ajouter dans les parcours traditionnels de
randonnée des moments plus sportifs. Les gens aiment apprendre et
s'amuser, y compris sur des sports techniques et
exigeants.»
Encadrement et sécurité
Car c'est aussi une nouvelle : la montagne un peu sportive, ça
peut s'apprendre. Heureusement, et même sur le tard. Pas besoin
d'avoir été biberonné à la randonnée familiale enfant, à l'escalade
ado ou à l'alpinisme et au ski hors-piste. Avec un peu de temps, un
bon encadrement professionnel et un peu de condition physique, on
doit pouvoir se mettre à tout dans le respect des conditions de
sécurité. Y compris ce qui semble réservé à une élite. On en
témoigne.
Exemple le plus flagrant, la cascade de glace. On grimpe de plus
en plus l'hiver, dans des vallons à l'ombre, évidemment, des chutes
d'eau gelée. Equipés de crampons, de piolets, d'un casque et du
matériel classique d'escalade. Mieux vaut, avant de se lancer,
avoir quelques notions d'escalade. Attacher une corde à un
baudrier, savoir grimper, descendre, quelques notions de sécurité
élémentaires. Mais de plus en plus de guides de stations de ski en
mal de diversification développent l'activité à la journée. De la
simple marche encordée sur un ruisseau gelé, à la «vraie» cascade
qu'on grimpe derrière un accompagnateur.
De marginale, la cascade de glace commence à devenir un peu
connue. Et généralement, ceux qui ont goûté à ses joies rempilent
l'été pour de la «goulotte» une escalade sur des formations de
glace et de neige éternelles, en haute altitude. Plus physique,
plus technique, la goulotte est devenue une activité alpine qui
commence à exister.
Car c'est un nouveau public qui vient à la montagne sportive.
Urbain, pas forcément très spécialiste, pas forcément fidèle à vie
à ces nouvelles activités. Résultat, il faut souvent lui donner des
sensations, toujours dans la plus grande sécurité, sans avoir à le
gaver de cours théoriques. Au risque parfois de devoir zapper des
étapes d'apprentissage nécessaires.
Eric est guide dans les Ecrins. Il voit arriver l'été ces
stagiaires.
«On doit tout apprendre, fixer des crampons, expliquer comment
on prépare un sac pour faire une ascension. Voire même montrer
comment on accroche un piolet correctement à un sac à dos.» Pas
d'ironie ni de méchanceté dans son témoignage. Juste une
constatation et aussi un plaisir : de plus en plus de gens veulent
goûter à la montagne sportive.
Certaines compagnies de guides se sont adaptées à cette nouvelle donne. On peut toujours «louer» un professionnel à la journée, ou plus pour une course bien précise. Mais on peut aussi réserver des stages, par exemple d'initiation à la haute montagne, encadrés par un guide, pendant une semaine.
Au programme, des courses classiques d'alpinisme faciles ou
non , de l'escalade en rocher, des exercices de sécurité très
ludiques dans des crevasses. On peut aussi apprendre à se rattraper
en cas de glissade sur un glacier grâce à son piolet. Un peu de via
ferrata (c'est-à-dire une escalade accrochée à un filin métallique
le long de falaises ou de parois de rocher). Et des nuits en refuge
ou en gîte dans la vallée, plus confortables pour les débutants qui
ont généralement du mal à digérer la vie un peu spartiate de la
haute montagne.
A ces activités (liste non exhaustive) dérivées de l'alpinisme,
il faut ajouter les activités devenues presque classiques liées à
l'eau : raft, hydrospeed (équipé d'une luge aquatique, de palmes et
d'une combi, on se laisse emporter par le courant), ou canyoning,
et qui supposent, pour la dernière d'entre elles, des notions
sérieuses d'escalade. Des activités qui se pratiquent à la journée,
voire à la demi-journée, en groupe, là aussi avec un guide.
Plus un office de tourisme d'une ville de montagne ne peut
désormais se passer de tels sports. L'imagination pousse aussi les
opérateurs à inventer de nouvelles activités, plus accessibles,
tels l'initiation au kayak dans des embarcations gonflables souples
et maniables, et des parcours de descente balisés où il suffit
juste d'arriver au bout sans avoir chaviré. Un seul objectif :
s'amuser.
VTT et remontées mécaniques
Amuser et rentabiliser. Notamment les pistes de ski, qui
tournent à plein régime l'hiver, mais qui, l'été venu, ne servent
plus à grand-chose. Or, les stations investissent de plus en plus
en matériel, canons à neige,
snow park, et télésièges. Une fois la neige fondue, comment
utiliser les pistes ? En la matière, la station des Deux-Alpes
s'est donné une bonne longueur d'avance. En inventant un VTT qui se
pratique comme le ski alpin. Soit, dès les beaux jours, la
possibilité de louer un vélo et un casque, de prendre les remontées
mécaniques avant de... redescendre par une piste bleue, verte ou
rouge.
Certains, au lieu de dévaler, prennent pourtant plaisir à
grimper, quelquefois même en courant. Depuis quelques années, on
voit ainsi se développer en montagne une nouvelle activité : le
«trail». Une pratique à la frontière de la course à pied, de
la randonnée et de l'alpinisme, s'apparentant à
«une course à pied tout-terrain». Là où, normalement, on
court sur la route avec plus ou moins de côtes, il s'agit
d'enchaîner les dénivelés en pleine montagne. Les plus grands,
comme l'ultra
trail du Mont-Blanc, se déroulent en août et sont réservés
aux sportifs de haut niveau. Mais il en existe des moins sélectifs,
que l'on peut même faire en équipe, quitte à marcher. La discipline
donne une autre relation à l'environnement et à la montagne.
Toujours plus fou, plus rapide, plus sportif... Mais
«la montagne, ça peut aussi être doux», note la responsable
d'un office de tourisme. Et de citer les spas, les saunas, les
massages, les bords de lacs ou les terrasses de restaurants
d'altitude ensoleillées. D'ailleurs, il convient de ne jamais
oublier qu'une vraie course en montagne s'achève toujours par une
bière au bistrot dans la vallée, une fois rentré sain et sauf avec
la cordée et le guide.
Certaines traditions ont du bon.
Par Muriel GREMILLET
envoyée spéciale Deux-Alpes (Isère) vendredi 30 mars 2007 pour Libération
Découvrir son corps
Longtemps jugée "ringarde", la randonnée pédestre
s'impose comme le symbole d'un nouveau style de vie.
En dix années,
la randonnée est devenue la "rando". Les grosses chaussures de
marche – qui l'aurait cru ? – sont devenues très
tendance (près d'un million de paires vendues tous les ans) et les fabricants
de sacs à dos (environ 850 000 unités) ont vu renaître un marché
quasiment sinistré. Hier hors du coup, voire considérée comme ouvertement
ringarde, la randonnée pédestre s'est imposée comme le symbole d'un
nouveau style de vie.
Fondée sur une
redécouverte en douceur de l'effort physique et la recherche de proximité avec
la nature mais éloignée de tout esprit de compétition, la rando est une
véritable locomotive de l'économie des loisirs. Elle inspire les fabricants de
vêtements qui ignorent la randonnée mais ne jurent que par le sportswear et
intéresse les voyagistes qui proposent d'associer dépaysement et
marche-découverte. D'après les experts, les congés supplémentaires liés aux
accords de réduction du temps de travail devraient accélérer le succès déjà
perceptible des formules "voyage + activités de plein air".
"D'après
nos études, la randonnée n'est pas vraiment considérée comme un divertissement
ni une passion, ni même une façon de retrouver des amis, mais plutôt comme une
façon de sortir du quotidien et, surtout, un moyen de communiquer avec la
nature", estime Damien Cucumel, directeur des études chez Carat-Sport,
société de conseil spécialisée dans le sponsoring sportif. Comparés à
l'ensemble de la population française, les marcheurs sont plus féminins, un peu
plus âgés (l'engouement commence en général à partir de trente-cinq ans) et
appartiennent à des catégories socioprofessionnelles un peu plus favorisées que
la moyenne.
"EN
BAVER, J'AIME ÇA"
Pas toujours
très éloignée de la banale notion de promenade, la rando se pratique pour
l'essentiel hors des structures organisées. Bien que les effectifs de la
Fédération française de randonnée pédestre (FFRP) – 130 000 licenciés,
2 300 associations affiliées – progressent régulièrement,
ils restent sans commune mesure avec le nombre de pratiquants, évalué entre 7
et 18 millions de personnes selon la définition retenue. Pourtant, même si
un après-midi de balade en montagne ne se compare pas avec une
expédition-trekking de plusieurs jours autour du Mont-Blanc, les randonneurs
évoquent toujours leur "voyage intérieur", l'expérience
physique mais aussi cérébrale que constitue le simple fait de marcher.
"Finalement,
en baver, j'aime ça", constate sereinement Catherine qui, avec sa copine
Sylvia, quadra comme elle, s'est échappée mi-juillet pour une petite semaine de
rando sur le causse Méjean. "On a le sentiment d'utiliser ses vraies
ressources, de partager des moments forts. On peut même s'engueuler
franchement ; ça rapproche." "Pendant tout le reste de l'année,
on passe son temps à courir vite, la tête baissée, ajoute Sylvia. Ici,
c'est l'itinéraire qui occupe, pas la destination. Le rythme de la marche,
régulier, fait vite oublier ses pieds et le sac à dos. On entre dans une
démarche de pensée à la fois libre et cadencée, solitaire et calme."
Pour Maurice Bruzek, président de la Fédération française de randonnée
pédestre, "marcher, c'est écouter son corps". "Et,
se presse-t-il d'ajouter, beaucoup de gens, des citadins en particulier, ont
le sentiment de l'avoir rendu muet."
Il ne faudrait
pourtant pas croire que le néo-randonneur, canne en main et rangers aux pieds,
se destine à endurer joyeusement des kilomètres de marche avant de s'extasier
devant un panorama, d'avaler un vague casse-croûte puis de s'endormir enroulé
dans un duvet. "La randonnée en montagne pure et dure est en recul. Les
gens préfèrent des balades de trois ou quatre heures. Techniquement, ils n'ont
pas toujours besoin de s'équiper, mais ils veulent ressembler à un
randonneur", estime Ludovic De Rorthays, directeur des achats de
l'enseigne Au Vieux Campeur, haut lieu parisien du tourisme de plein air. "La
randonnée, glisse-t-il, c'est un état d'esprit avant d'être une pratique."
Quant au voyagiste Allibert, fondé par des guides de montagne et devenu
spécialiste du trekking, il a décidé d'élargir ses activités à des expéditions
moins extrêmes. Voire carrément soft. Au programme : quatre ou cinq heures
de balade-découverte pendant la journée à travers les vertes montagnes ou la
beauté aride du désert mais, une fois arrivé à l'hôtel, place à la remise en
forme avec des bains, des massages, une bonne bouffe et un lit douillet avec
oreiller en plume d'oie.
"RANDO
CULTURELLE"
Le
néo-randonneur tient à son petit confort, mais il sait faire preuve de
curiosité. On se balade en Normandie sur les traces de Maupassant, en Puisaye
sur celles de Colette. La rando culturelle, nouveau produit de vacances, se
prend même de passion pour la ville. On ne compte plus les randonnées urbaines,
et le guide Paris à pied (99 F, 15 €), réalisé par la FFRP
(www.ffrp.asso.fr), en forme d'errance à travers la capitale, a été diffusé à
quelque 150 000 exemplaires. Quant à ceux qui préfèrent la découverte au
long cours et ne redoutent pas d'être trahis par leurs mollets, ils peuvent se
lancer dans des marches – parfaitement laïques – sur les
traces des grands pèlerinages du Moyen Age, vers Le Puy ou
Saint-Jacques-de-Compostelle. Les chemins de grande randonnée (GR, pour les
intimes) les plus prisés, assure la Fédération, sont ceux qui rayonnent autour
de sites culturels ou historiques. On peut bronzer idiot mais randonner idiot,
c'est plus difficile.
Jean-Michel Normand journaliste au Monde ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 10.08.01.
Un vrai délice
La crème catalane :
C'est une crème brulée au petit goût subtil de citron et de canelle. 
Vite fait, bien fait.
Ingrédients pour 2 personnes:
- 3 jaunes d'oeufs,
- 20 cl de crème liquide
- 30g de sucre en poudre
- 1 pincée de cannelle
- le zeste d'1/4 de citron
- 1 c. à soupe de sucre en poudre pour la caramélisation
Préchauffer le four à 110°C. Faire chauffer à feu doux la crème liquide dans une casserole. Ajouter les zestes et la cannelle. Dans un saladier, mélanger les jaunes d'oeufs et le sucre. Des les premiers frémissements de la crème, ajouter les oeufs en mélangeant rapidement.
Verser dans un moule, mettre au bain marie et enfourner 1h15. Laisser la crème refroidir, puis la placer au réfrigérateur au moins deux heures. Juste avant de servir, saupoudrer de sucre et faire caraméliser à l'aide d'un chalumeau ou au grill 3 min.
Régalez vous !
Castelnou Perle rousse des Pyrénées
A 20 km de
Perpignan, ce petit village est perché entre la mer et la montagne, dominé par
le Mont Canigou. Le village est constitué de deux rues principales, dont les
bâtiments du 17ème siècle ont été restaurés depuis une quarantaine d'années.
Grâce à cet effort de rénovation et d'ouverture au tourisme, la population, qui
était tombée à 152 habitants en 1982, est remontée à 350 habitants.
Le village est d'une
harmonie absolue. Les ruelles escarpées ouvrent le regard sur des maisons de
pierre, à l'ocre chaleureuse, éclabousée de soleil.
Il a été classé parmi les plus beaux villages de France et demeure l'ancienne
capitale de la vicomté de Vallespir. Son enceinte fortifiée des 13ème et 14ème
siècles, est ponctuée de 7 tours de la même époque et son château date du 10ème
siècle.
1. Un des plus beaux villages de France
Castelnou
fait partie des 140 « plus beaux villages de France », sélectionnés par
l’association du même nom. Il doit ce titre à sa situation exceptionnelle, sur
une colline dominée par un château du 10 ème siècle, avec ses remparts du 14ème
siècle, ponctués de 7 tours, et, au pied du château, ses maisons médiévales
regroupées autour de deux rues principales, tandis qu’en toile de fond se
dresse le Canigou au sommet enneigé, montagne mythique du pays catalan.
Dans les années 50, ce vieux village est sorti de sa ruralité profonde pour
basculer dans l’ère touristique. Des artistes, séduits par le site, sont venus
s’y installer et ont attiré d’autres gens de l’extérieur qui ont racheté et
restauré (avec beaucoup de soin) la plupart des maisons. Peu à peu, les chèvres
qui dévalaient les rues du village ont disparu pour être remplacées par des
troupeaux de touristes… Ils sont 3000 par jour, en moyenne, en été. Castelnou
est devenu un village touristique. On y trouve 4 restaurants, des artisans
d’art, des chambres d’hôte, des gîtes ruraux. Sur les 60 habitants qui vivent «
intra muros », il n’y en a plus que 4 qui sont nés dans le village.
Mais la commune, qui s’étend bien au delà de l’enceinte fortifiée puisqu’elle
compte 2000 hectares et 350 habitants au total, a gardé l’esprit catalan, selon
M. le Maire. Les nouveaux venus se sont bien intégrés et participent activement
à toutes les fêtes traditionnelles.
2. Fêtes et
traditions
La commune a
gardé des activités agricoles dans sa partie basse. En été, les touristes
peuvent rencontrer les producteurs locaux de vins, de foie gras, de miel ou de
légumes lors du « marché pittoresque » qui se tient tous les mardis à l’entrée
du vieux village.
Parmi les autres animations, il faut citer la Course des Lucioles. C’est
une épreuve pédestre et nocturne, trail de 17 km ou marche de 17 km. Unique en son genre, le départ a lieu à 22h30 à la lueur des frontales.
3. 1000 ans
d’histoire
Les origines
de Castelnou remontent à la fin du 10ème siècle. Le château a été achevé en 990
et les maisons sont venues peu à peu s’appuyer au pied de ses murs. L’enceinte
fortifiée, avec ses 7 tours de guet, date de 1346. A cette époque, Castelnou
était la capitale de la vicomté du Vallespir. Elle fut même, quelque temps, la
capitale religieuse du Roussillon, l’un des fils du seigneur de Castelnou étant
devenu évêque d’Elne.
La plupart des maisons actuelles sont du Moyen Age. Le château, qui a été en
grande partie détruit puis reconstruit au 19ème siècle, est aujourd’hui la
propriété du Crédit Agricole.
4. Marchande
de poèmes
Quand on a
franchi la porte d’entrée du village, le premier magasin qui s’offre aux
visiteurs est celui d’Etiennette MAYNERIS. Mais il ne ressemble à aucun autre.
On n’y trouve que des produits ramassés ou récoltés sur la commune : fleurs
séchées, plantes aromatiques, fruits de saison… Etiennette y vend aussi ses
poèmes (2 euros l’exemplaire photocopié), des poèmes qu’elle a écrits « avec
son cœur ». Elle y chante son amour du village, de la nature, de la famille…
Etiennette est arrivée à Castelnou il y a 55 ans pour épouser celui qui allait
être pendant 24 ans le maire de la commune.
J’ajouterai, pour terminer, qu’il ne faut pas manquer la visite de la petite mais jolie église de Castelnou, installée au milieu du cimetière. Construite au 13ème siècle, elle est caractéristique de l’art roman catalan. Sa porte recouverte de ferrures est la plus belle de toute la région et elle s’ouvre sur trois rétables en bois peint de toute beauté.
On ne passe pas à Castelnou, on n'y vient pour vivre, pendant quelques heures, une parenthèse peuplée des charmes d'un temps suspendu.
Mais pourquoi courent-ils ?
Marathon de Paris, de New York, marathon des Sables : les cadres sont
de plus en plus nombreux à se réaliser dans la course. Drogue ou outil
de management ?
«Je ne sais pas ce qui s'est passé. Au bout de 60
kilomètres, j'ai réalisé que je m'étais trompé de route. Il faisait 40
degrés. Je n'avais plus d'eau. J'ai mis ma couverture de survie et j'ai
attendu. » Perdu dans le désert américain de la Monument Valley,
lors d'une course de 200 kilomètres, Alain Poma, 43 ans, ingénieur chez
EDF et spécialiste des trails , ces courses à pied longue distance dans la
nature, a été retrouvé, sain et sauf, par les Indiens Navajos. Une
aventure propre à nourrir les discussions entre collègues de bureau !
Pourtant, dans son entreprise, Alain Poma reste plutôt discret sur ses
aventures. « On me prend pour un extraterrestre,
lâche-t-il en souriant.
Les gens ont du mal à concevoir que je puisse courir pendant des heures. »
Pour beaucoup de cadres rivés à leur montre, à première vue, courir
rime en effet avec perte de temps. Et pourtant... Si l'on en croit
plusieurs enquêtes de terrain diligentées, depuis 1983, par Jean-Michel
Faure, directeur adjoint du programme sport du CNRS et professeur à
l'université de Nantes, les cadres supérieurs (high-tech, finance), les
professions libérales (avocats, notaires, médecins) et les chefs
d'entreprise représentent 43,6 % des coureurs de marathon. On les a vus
courir à Paris le 4 avril. On les reverra au Maroc lors du marathon des
Sables, du 11 au 18 avril. Mais après quoi courent-ils ? Le plaisir, le
dépassement de soi, le souci de l'excellence ?
Un peu tout à la fois, peut-être. Pour les uns, la course est une
véritable thérapie qui irrigue le cerveau, terrasse le stress, permet
de se dépasser et aide à prendre du recul. Son effet vivifiant opère au
niveau physique, mais aussi au niveau mental. Pendant que le corps
travaille, le cerveau, dopé à l'oxygène, est sur un petit nuage. « La course d'endurance permet d'exacerber ses pensées,
assure Yves Perrin, prothésiste dentaire.
Une
journée de travail difficile peut entraîner des réflexions qui vont
resurgir au moment de la course. Pour ma part, j'essaie de les
"traiter" de façon positive en bannissant les sentiments de peur,
d'échec, de doute ou d'orgueil. » Gérard Garnier, 45 ans,
conseiller indépendant en gestion de patrimoine à Lyon, quinze ans de
course et de compétitions, évoque quant à lui « une véritable quête philosophique »
et n'hésite pas à prendre au mot le précepte de Nietzsche :
« Ce qui ne te tue pas te fait progresser. »
Il y a trois ans, cet ex-cadre bancaire a quitté son poste au salaire
plus que confortable pour monter son entreprise de conseil. « Ce fut très dur. » Et la course, assure-t-il, l'a aidé à
s'en sortir. L'année dernière, il participait au marathon des Sables,
dans le Sud marocain, l'une des courses les plus difficiles avec la
Diagonale des fous, à la Réunion. « Je n'aurais jamais pu finir sans un mental de philosophe. Du
coup, j'ai l'impression d'avoir grimpé trois marches. Je me sens
psychologiquement plus fort. » D'un point de vue physiologique, la
course est aussi une véritable jouissance. Le corps sécrète de
l'oxygène qui va irriguer le cerveau et susciter de l'endorphine,
substance proche de la morphine qui génère de l'adrénaline et euphorise.
Apprendre à gérer son temps
Mais certains cadres supérieurs en sont convaincus : l'effort prodigué
pendant la course est aussi un outil de management très efficace. « Courir aide à dynamiser une équipe. Si le patron est mou, l'équipe sera molle »,
assure Erik Joannes, PDG de 2j Graphic, société spécialisée dans
l'imprimerie, qui participe avec son associé à trois grandes courses,
en moyenne, par an. Même analyse pour Christian Hagenstein, patron de
Batibois, le plus important négoce de bois de Colmar. « C'est une force supplémentaire pour mener l'entreprise »,«
Mes employés sont très admiratifs de me voir mouiller le maillot.
Forcément, ils se donnent plus si je leur demande de faire un effort. »
Ajoutez-y un peu de masochisme... et vous finissez en ascète de l'excellence.
explique-t-il. Surtout si le patron montre l'exemple.
« A quatre pattes, dans la boue, je l'aurai terminée, cette course ! »
s'exclame Jean-Paul Jacquot, en nage lors de Mare Monti de novembre
2003, un trail dans l'Atlas marocain. Avec son physique de rugbyman, ce
chargé d'opération en gestion immobilière, 48 ans, fait un peu figure
d'ovni parmi les participants de cette édition, plutôt nerveux et
fluets. Il n'est pas venu pour accomplir des performances, « mais pour finir écartelé comme un blaireau ». De fait,
cet ancien commercial à l'humour bien trempé a établi un programme
d'entraînement très rigoureux, dans le but de se prouver qu'il pouvait
atteindre ses objectifs. « Pour cela,
ajoute-t-il,
il faut de
l'entraînement, de la patience, des efforts et des sacrifices. Cela
vaut aussi bien pour la course que pour le travail. »
Autre avantage de la course, toujours au dire de certains cadres supérieurs : apprendre à gérer son temps ! Ce n'est pas un hasard si, lors du marathon de New York de novembre 2003, les 30 000 coureurs avaient tous leur propre chronomètre. Certes, ce type d'épreuve est long par définition. Mais, pour ces adeptes de l'effort, l'important n'est pas d'accumuler les kilomètres, mais de réaliser son propre record du temps. Finir en 3 h 5 alors que l'on a perdu sept minutes au départ, cela peut paraître dérisoire, pourtant cela ne l'est pas. « L'importance des temps réalisés exprime le goût des classes privilégiées pour l'excellence, analyse Jean-Michel Faure. La victoire sur le temps devient une victoire sur soi-même. Il ne faut pas perdre son temps, ni dans l'épreuve ni dans l'entreprise. »
Reste que jongler avec le temps de travail, la vie de famille, les
loisirs et l'entraînement n'est pas toujours évident. La participation
à des épreuves telles que le marathon (toujours de 42 km), les « 100
kilomètres » et autres courses échelonnées sur une semaine (200 km)
représente au minimum deux à six mois de préparation, à raison de
quatre ou cinq entraînements par semaine ! Pourtant, pour Jean-Marie
Rouault, 39 ans, « ce n'est qu'une question d'organisation ». Coureur
depuis des lustres, ce cadre chez Siemens, également responsable du
comité d'entreprise, a suivi une formation interne en gestion du temps
qui l'a aidé à concilier course et travail. « On a toujours le temps de courir ou de faire autre chose. Il
suffit de définir sa passion comme l'activité la plus importante puis
de la planifier. » Mais gare aux effets du surentraînement qui,
comme une drogue, crée une certaine dépendance. Vous risquez, alors, de
n'être plus du tout motivé pour aller bosser!
N. L.
08/04/2004 - © Le Point - N°1647










